Vague de chaleur : une vigilance accrue et des mesures de protection sont nécessaires
Dans les jours à venir, le mercure va grimper encore plus fort. Les professionnels de la construction qui maçonnent, posent des toitures ou coulent de l’asphalte en plein soleil courent un risque supplémentaire de stress thermique, de déshydratation, voire de coups de chaleur. Raison pour laquelle Embuild invite les entreprises de construction à prendre des mesures de protection supplémentaires : commencer à travailler plus tôt, prévoir des pauses supplémentaires, des rotations des tâches, suffisamment d’eau et d’ombre, ainsi que de la crème solaire sur le chantier. « La législation oblige déjà les employeurs de notre pays à prendre un certain nombre de mesures préventives en cas de températures élevées, mais lorsque le mercure grimpe fortement, nous appelons à une vigilance accrue afin de protéger la santé et la sécurité de nos ouvriers de la construction », explique Niko Demeester, CEO d'Embuild.
Les ouvriers de la construction font partie des catégories professionnelles les plus exposées à la chaleur extrême. Les ouvriers qui font de la maçonnerie, des travaux de bétonnage ou de couverture, ou encore qui posent de l'asphalte, travaillent souvent pendant des heures en plein soleil. Sur un toit ou sur l'asphalte, la température ressentie peut être de 15 à 20 degrés supérieure à la température ambiante. Le stress thermique, la déshydratation et, dans le pire des cas, un coup de chaleur constituent alors des risques réels.
Le cadre légal régissant le travail sous fortes chaleurs est bien défini en Belgique. Le Code du bien-être au travail oblige les employeurs à prendre immédiatement des mesures préventives, sur la base d'une analyse des risques, lorsque certaines températures sont dépassées. Au-delà d'une certaine température, deux mesures sont de toute façon obligatoires : proposer gratuitement des boissons adaptées et fournir des équipements de protection, comme un couvre-chef ou un pare-soleil.
Pour les journées où les températures grimpent fortement, comme c'est le cas actuellement, Embuild recommande en outre aux entreprises de construction de prendre un certain nombre de mesures supplémentaires :
- Avancez les horaires de travail pendant les vagues de chaleur et commencez, par exemple, à 6 heures du matin, l'heure minimale légale. Cela permet aussi de s'arrêter plus tôt, quand il fait le plus chaud. Des enquêtes menées par Embuild ont montré que huit entreprises de construction sur dix appliquent déjà cette mesure.
- Prévoyez des pauses prolongées entre midi et 16 heures (les heures les plus chaudes de la journée).
- Répartissez les tâches physiques pénibles entre les membres de l'équipe afin d'éviter une exposition prolongée.
- Créez de l'ombre sur le chantier à l'aide de tentes, de parasols ou de toiles d'ombrage mobiles.
- Prévoyez un accès illimité à l'eau potable, à proximité du lieu de travail (au moins 1 litre par heure et par travailleur en cas d'effort intense).
- Mettez gratuitement de la crème solaire à la disposition de chaque travailleur. Les risques de cancer de la peau sont trois fois plus élevés chez les personnes qui travaillent à l’extérieur.
- Prévoyez également des vêtements de travail légers et respirants, de couleur claire et dotés d'une protection contre les UV, ainsi que des casques avec protection de la nuque.
Dans des cas tout à fait exceptionnels, les entreprises de construction peuvent mettre leurs travailleurs en chômage partiel pour cause de canicule. Cela n'est toutefois pas possible sans condition, car les entreprises doivent alors être en mesure de démontrer à l'ONEM que la canicule est exceptionnelle et que les travaux ne sont techniquement pas réalisables ou ne peuvent l'être dans des conditions dignes. En d'autres termes, il faut qu'il fasse particulièrement chaud depuis un certain temps déjà.
Enfin, la chaleur affecte également la qualité de certains produits et matériaux. C'est pourquoi Embuild déconseille d'utiliser certains matériaux au-delà d'une certaine température : cette dégradation de la qualité augmente en effet le risque d'incidents et d'accidents du travail. Quelques exemples :
- les matériaux qui sèchent trop rapidement, comme le mortier, le béton ou la peinture ;
- la colle et le silicone dont le pouvoir adhésif diminue ;
- les produits qui prennent rapidement feu, comme le roofing.