Le secteur de la construction prend des mesures supplémentaires suite au froid et à la neige
Après les premières vagues de froid de la saison, accompagnées de neige, le secteur de la construction passe à la vitesse supérieure en ce qui concerne la sécurité et le bien-être. En particulier pour les entreprises de construction ayant de nombreuses activités à l’extérieur, des mesures supplémentaires sont nécessaires pour que le travail dans le froid et les précipitations soient supportables et sûrs. « En dessous de 5 degrés Celsius, certaines mesures sont même obligatoires », explique Niko Demeester, administrateur délégué d'Embuild. En outre, de plus en plus d’ouvriers de la construction suivent une formation hivernale. Les travailleurs sont ainsi mis au chômage technique pour cause de mauvais temps afin de suivre une formation.
Au cours des prochains jours, les températures continueront à avoisiner le zéro degré pendant la journée, avec du gel et de la neige. Ce ne sont pas des conditions évidentes pour les ouvriers de la construction qui travaillent à l’extérieur. En effet, les conditions de travail froides augmentent le risque d'hypothermie, d'engelures et de lésions dues aux gelures ainsi que les troubles musculosquelettiques. La neige et le verglas augmentent aussi le risque d'accidents dus à des glissades et des chutes. Il est également difficile de prendre en main des outils avec des mains ou des doigts froids.
Lorsque les journées d'hiver sont courtes et sombres, comme c'est le cas cette semaine, le risque d'accidents impliquant des véhicules de chantier augmente, tant dans le chantier que sur la voie publique. Les risques d'incendie et d'explosion sont également en augmentation, car certains produits, comme la paraffine et le butane, réagissent différemment à basse température. En outre, la réaction chimique de certains matériaux et produits, tels que le ciment, le silicone ou l'époxy, est ralentie, de sorte que leur durcissement est plus long lorsqu'ils sont froids. De plus, la composition de certains produits, comme le béton ou le mortier, change, et ceux-ci réagissent également différemment.
« Pour toutes ces raisons, les entreprises de construction prennent des mesures importantes pour protéger au maximum leurs travailleurs pendant les journées froides », indique Niko Demeester, CEO d'Embuild. Concrètement, il s’agit :
- de fournir des vêtements de protection contre le froid et les précipitations
- d’ajouter une couche supplémentaire chaude ou une protection d’oreilles supplémentaire sous le casque
- d’équiper les postes de travail d'un chauffage et d'un éclairage adéquat
- d’effectuer des tâches en rotation pour éviter les trop longues expositions au froid
- de limiter les efforts intenses pour éviter une transpiration excessive
- d’éviter autant que possible le travail sans bouger
- d’inciter à travailler au soleil et à l’abri du vent
- de planifier intelligemment les travaux, avec par exemple des travaux de gros œuvre avant la période hivernale
- de prévoir des bâches pour les échafaudages
- d’effectuer un épandage de sel, de sable ou de cendres par temps de gel pour éviter les glissades
- de prévoir des boissons chaudes et non alcoolisées gratuites
« Travailler en toute sécurité en hiver exige de la préparation et de la discipline », conclut Niko Demeester. « Mais ces efforts sont essentiels pour que nos travailleurs restent en bonne santé et en sécurité sur leur lieu de travail, même par temps froid et neigeux. »
La période hivernale est d’ailleurs idéale pour permettre aux ouvriers de suivre une formation. Les employeurs peuvent recourir au régime spécifique des formations d’hiver applicable dans le secteur. Il s’agit d’un régime exceptionnel qui permet aux ouvriers de suivre une formation les jours où ils sont temporairement au chômage pour cause d’intempéries. Cela est possible entre le 1er décembre et le 31 mars. Dans ce cadre, l’employeur ne doit pas payer de coûts salariaux, tandis que les ouvriers conservent néanmoins l’intégralité de leur salaire grâce à une prime sectorielle de formation qu’ils perçoivent en complément de leur allocation de chômage. La formation elle-même se déroule pendant les heures de travail et doit durer au minimum huit heures.
Embuild constate qu’un nombre croissant d’ouvriers suit une formation d’hiver. Ces dernières années, le nombre d’heures de formation hivernale a augmenté de manière significative. Embuild observe également, durant la première semaine complète de travail de 2026, un nombre d’inscriptions plus élevé que les années précédentes. Cela s’explique évidemment en grande partie par le froid de cette semaine. Toutefois, l’accord conclu avec les partenaires sociaux prévoit que ce régime doit rester une mesure exceptionnelle. Les journées de formation ordinaires, financées par l’employeur, demeurent la solution privilégiée.
Au cours de l'année de formation 2024-2025, la plupart des formations hivernales ont été organisées autour des thèmes suivants :
- Sécurité
- Assurance qualité
- Premiers soins
- Désamiantage
- Travaux en hauteur