Le nombre de permis de bâtir reste à un niveau alarmant : une baisse de la TVA sur les constructions neuves est urgente pour enrayer la crise du logement
Au cours des six premiers mois de 2026, le nombre de permis de bâtir (22.472) accordés pour de nouveaux logements dans notre pays se maintient à un niveau historiquement bas. « Cette situation est particulièrement alarmante », réagit Niko Demeester, CEO d’Embuild. D’ici 2050, la Belgique aura besoin de 900.000 logements supplémentaires, notamment en raison de la croissance démographique, de l’augmentation du nombre de petits ménages et du fait que les personnes âgées vivent plus longtemps de manière autonome. Pour de nombreux ménages, un logement neuf n’est aujourd’hui plus financièrement accessible, principalement parce que la moitié du coût total revient aux pouvoirs publics. « C’est pourquoi nous plaidons pour un taux de TVA réduit pour la construction et l’achat de l’habitation propre et unique ainsi que pour les logements mis en location pendant au moins quinze ans, moyennant le respect d’une norme de superficie. »
Au cours du premier semestre de 2026, des permis ont été délivrés dans notre pays pour la construction de 22.472 logements, selon les chiffres de Statbel. Ces permis se maintiennent ainsi à un niveau historiquement bas. Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Ainsi, les prix de nombreux matériaux de construction ont fortement augmenté depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Les taux hypothécaires ont eux aussi fortement progressé. Une personne qui emprunte aujourd’hui 250.000 euros pour construire ou acheter une maison paie ainsi rapidement 27.000 euros de plus qu’il y a un an. Parallèlement, les procédures d’octroi des permis deviennent plus complexes et les normes de durabilité toujours plus strictes, ce qui freine encore davantage la construction de logements neufs.
Pour de nombreux ménages, la construction neuve est également devenue financièrement inaccessible en raison de la lourde fiscalité imposée par les pouvoirs publics. Aujourd’hui, plus de la moitié du prix d’un logement neuf revient aux pouvoirs publics par l’intermédiaire des charges fiscales et sociales, notamment la TVA, les droits d’enregistrement, l’impôt des sociétés, les cotisations de sécurité sociale et l’impôt des personnes physiques. Construire ou acheter devient dès lors impossible pour de nombreux ménages.
Notre pays a pourtant besoin d’une vague de construction neuve massive et sans précédent afin d’éviter une crise du logement. D’ici à 2050, la Belgique aura besoin de 900.000 logements supplémentaires, dont 280.000 en Wallonie, 6.000 à Bruxelles et 600.000 en Flandre. Cette nécessité s’explique par la croissance démographique, avec 800.000 habitants supplémentaires, l’évolution des besoins en matière de logement, avec davantage de personnes seules, de familles monoparentales et de personnes âgées vivant plus longtemps de manière autonome, ainsi que par l’augmentation structurelle de la demande de résidences secondaires.
Niko Demeester, CEO d’Embuild : « Dans le cadre des négociations budgétaires fédérales, Embuild demande donc d’urgence un taux de TVA réduit pour la construction et l’achat de l’habitation propre et unique ainsi que pour les logements mis en location pendant au moins quinze ans, dans les deux cas moyennant le respect d’une superficie limitée. Il s’agit d’une mesure ciblée et socialement équitable. C’est le seul levier fédéral susceptible de rendre la construction neuve plus abordable à court terme. »